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  • Asile: grillons les préjugés!

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    Parmi les différentes thématiques exposées lors des premières séances, la situation des requérant d’asile a soulevé l’intérêt des élèves. Après avoir reçu des informations sur la loi d’asile et le processus de la demande d’asile, les élèves ont regardé « La Forteresse ».

    un documentaire de Fernand Melgar sur le Centre d’enregistrement et de procédure de Vallorbe.

    La présentation de 200 femmes, hommes et enfants qui attendent que l’État décide de leur sort, a déclenché une intense discussion sur les conditions de vie des requérants d’asile. Les élèves ont été particulièrement touchés par deux situations: quand, déboutés au Centre, on annonce froidement à l’un d’eux qu’ ils n’a que 48 heures pour quitter le pays et qu’on le voit partir sac au dos sans savoir où il va. Puis quand une femme doit laisser au Centre la chaise roulante dont elle avait besoin au moment de son départ.

    Dans un deuxième temps, les élèves sont entrés dans la thématique en lisant, analysant et présentant des cas pratiques de demandes d’asile, en étudiant des fiches de l’Observatoire romand du droit d’asile et des étrangers. Ceci a soulevé d’autres questions sur la démarche parfois incohérente et injuste. C’est à l’aide de dessins que les élèves ont ensuite représenté ce qui les a le plus touché.

    Cas Lulia: pas d’asile pour une victime de viols menacée de crime d’honneur

    Cas Sofiany: l’ODM voulait renvoyer un mineur sans vérifier s’il serait pris en charge à l’arrivée

    Cas Saidou: décision de renvoi du père d’un enfant suisse à cause de son passé penal

    Cas Bilal: la Suisse le renvoi dans un pays tiers où il n’a connu que la détention

    Cas Umar: il cherche la sécurité, il trouvera l’exclusion et les violences policières

    Cas Mehdi: vraisemblance des motifs le TAF désavoue l’analyse de l’ODM

    Cas Dilba: Une femme sourde-muette n’a-t-elle pas le droit d’être entendue ?

    - Visite au foyer de Saconnex:

    Le mercredi 12 janvier 2011,

    Nous sommes allés visiter le foyer pour requérants d’asile en procédure au Grand-Saconnex. Nous avons fait la rencontre de la directrice du  foyer (Hospice général). Elle nous a expliqué la gestion de ce dernier. Dans un deuxième temps, elle nous a emmenés faire la visite des logements (cuisines, couloirs, salle de jeux, chambres) pour en savoir plus sur les conditions de vie des 200 requérants habitant cet établissement. Durant la visite, nous avons remarqué que ce foyer était habité par des personnes seules, des familles et des mineurs non accompagnés (ou MNA, des adolescents venus seuls demander l’asile en Suisse).

    Ces personnes sont en attente d’une réponse de l’ODM concernant leur demande d’asile. Certains ont déjà leurs permis de réfugié ce qui leurs permet de faire des petits jobs, mais ils logent dans le foyer car ils ne trouvent pas de logement ailleurs, étant donné la crise du logement qu’il y a à Genève. Nous avons visité un petit espace très sympa, qui accueille les enfants pour y faire diverses activités comme regarder des films, et quelques petits jeux, ( baby-foot ) etc.

    Par contre, par respect pour les gens, ou les familles nous n’avons pas visité les logements. Comme nous y sommes allés un mercredi après-midi, il n’y avait pas vraiment beaucoup de monde, car la plupart étaient sortis. La cohabitation entre eux est parfois difficile puisqu’ils n’ont pas les mêmes origines, donc pas la même culture ni la même langue et ils ne se comprennent donc pas. Certains ont des traumatismes qui viennent de leurs vécus dans leurs pays. De plus, ils ont des âges très différents. La cohabitation entre certains pays peut être particulièrement difficile, suite aux conflits qui ont eu lieu entre certains pays.

    " La cuisine n'est pas dans un très bon état, il n'y a pas de four, et elle n'est pas assez grande pour toutes les personnes qui l'utilisent."

    Visite à l’Agora :

    L’Agora est une association qui occupe les requérants d’asile en donnant des cours de culture générale, en faisant des sorties avec eux et qui les aident dans leur procédure d’asile. Dans les immeubles qui s’appellent les Tattes, les requérants d’asile NEM (les non entrées en matières)et les déboutés vivent. Ils vivent mal car ils sont à l’aide d’urgence. L’aide d’urgence est une aide que genève offre aux NEM une aide en nature sous forme de plateaux repas. Ils obtiennent cette aide en allant voir l’office cantonale de la population et en allant faire signer une feuille blanche toutes les semaines. Nous avons rencontré le pasteur protestant qui est bénévole comme toutes les autres personnes qui travaillent dans ce centre. Plusieurs fois par semaine,  l’Agora reçoit une association qui s’appelle Elisa-asile et qui vient aider les gens dans leur procédures d’asile. Le jour où on est allé à l’Agora c’était le jour de la permanence, il y avait beaucoup de monde. On a salué et on est allé dans une classe retrouver un des aumôniers de l’Agora, Pierre Dürenmatt. Nous avons échangé nos points de vues sur les requérants d’asile.

    Repas mensuel de l’Agora:

    Après avoir visité le foyer et l’Agora , nous avons eu envie de rencontrer des requérants d’asile , face à face . L’aumonier qui nous a fait visiter l’Agora , nous a proposé de participer au dîner qu’ils organisent tous les premiers mercredis du mois à la paroisse protestante de Vernier . Nous avons donc accepté.

    Mercredi 2 Février  : Nous avons eu rendez-vous à 18h30 à la salle , l’ambiance était bonne , les gens étaient au courant de notre présence. Il y avait principalement des mères avec leurs enfants. La nourriture était préparée par une enseignante d’informatique de l’Agora ainsi que des bénévoles. Ils avaient préparé des lasagnes (végétariennes) et , pour le dessert , des femmes migrantes avaient préparé des pâtisseries (kurdes) faites maison.

    Nous étions  environ 40 personnes à manger.

    Suite à ce repas, nous avons pu nous rendre compte de l’ambiance qu’il y avait entre les requérants . Nous avons aussi revu l’aumonier  qui nous avait acceuilli la dernière fois et nous avons pu  plus se renseigner sur l’activité des personnes fréquentant l’Agora. Le repas fini , nous avons aidé à débarrasser et à faire la vaiselle. Après remerciements, nous avons regagné notre domicile. Après avoir reçu ces différentes informations et fait ces différentes rencontres, voici le projet que nous avons décidé d’élaborer:

    Objectifs du projet:

    • Faire découvrir un nouveau lieu à une trentaine de requérants d’asile des Tattes, loin de l’endroit où on les loge, où ils pourront se rendre par la suite, sans avoir besoin d’argent.
    • Créer des liens avec des “Genevois” avec lesquels ils sont peu en contact. Sensibiliser des Genevois aux destins des requérants d’asile.
    • Lutter contre les préjugés

    Pistes d’activités:

    Sortie (repas canadien grillades): parler, manger…échanger et court-métrage

    Lieux: parc des Eaux-vives, Bois de la Batie, Jardin botanique, Varembé, Bout du Monde, Signal de Bougie

    Filmer pendant la journée?

    Communiqué de presse, article 09.03

    Etapes du projet:

    Idéalement, la journée aurait lieu le dimanche 8 ou 15 mai. Deux publics différents sont identifiés afin que la rencontre puisse avoir lieu:

    1. Les Genevois

    Comment les informer de cette journée:

    – communiqué de presse, affiches, écoles contacts PO, facebook, familles et amis

    2. Les requérants. Comment leur donner confiance et envie de venir:

    Organiser une réunion pour expliquer le projet, organiser une promenade, sortie. Participer au repas communautaire de l’Agora. Rencontrer les MNA de Saconnex.

    Journal de bord

    La première étape à réaliser est d’entrer en contact avec des requérants. Pour cela, un courriel est envoyé à l’Agora en leur proposant de cuisiner pour eux lors du prochain repas communautaire  à la salle de paroisse de Vernier, le mercredi 6 avril. Un email est également envoyé à Corinne Chuit, directrice du foyer de Saconnex,  pour lui proposer d’organiser un repas canadien au foyer pour les MNA.

    Mercredi 30 mars

    En vue du projet de court-métrage que les élèves souhaitent réaliser, ils ont bénéficié d’un cours d’introduction à la vidéo et se sont répartis les rôles que chacun souhaitait tenir dans cette démarche.

    Une dossier de financement a également été constitué par les élèves à l’intention du Fonds Jeunesse, afin d’obtenir les Fonds nécessaires à la réalisation de leur projet.

    Mercredi 6 avril: préparation d’un repas pour l’Agora:

    Le mercredi 6 avril, nous sommes allés à l’Agora vers 11h. Nous avons fait connaissance avec les bénévoles. Une fois arrivés là-bas, nous avons discuté avec les bénévoles pour savoir ce que nous allions préparer pour les requérants. Nous avons mangé à côté de l’Agora dans une caféteria, ensuite nous sommes allés faire les courses pour les différents plats de pâtes que nous avions prévu. Puis nous nous sommes rendus à la salle de paroisse de Vernier pour commencer à préparer le repas. Nous avons installé les tables, décoré la salle. Avant de manger, nous avons expliqué notre projet aux requérants et chaque participant du SCAI s’est mis à une table pour faire connaissance avec les requérants et les bénévoles. Ce n’étais pas si facile, car certains ne parlaient pas notre langue. Il y avait surtout des femmes et des enfants, des grandes familles. Les requérants nous ont remercié pour le repas qu’ils ont beaucoup apprécié. Catia regrette de ne pas avoir pu passer toute la journée avec nous. Cette journée nous a fait plaisir parce qu’on ressentait ce qu’ils vivaient et que  nous avons vu que nous leur faisions plaisir.

    jeudi 14 avril

    Réalisation d’un calendrier avec toutes les activités à prévoir et des affiches et flyers pour inviter les Genevois et les requérants au pique-nique.

    Calendrier:

    Deux affiches sont prévues: l’une pour les Genevois, sur laquelle est mis l’accent sur la lutte contre les préjugés.

    Les élèves l’ont diffusées dans leurs maisons de quartier, dans les écoles et auprès de leurs familles. Un “évenement” est créé sur Facebook.

    Une affiche a également été créé à l’intention des requérants d’asile.

    Elle a été affichée à l’Agora et au foyer de Saconnex. Mais les élèves ont compris que cette affiche ne suffirait pas à les faire venir, et ils ont organisé différentes activités afin qu’ils apprennent à se connaître et que les personnes requérantes d’asile leur fassent suffisamment confiance. Parmi ces activités, il y a eu: discussion et présentation de leur projet au mineurs non accompagnés de Saconnex autour d’un buffet canadien. Participation au traditionnel match de foot de l’Agora aux Bois des Frères un mardi matin.

    Journée passée à discuter avec des mères et des enfants au domicile d’une bénévole de l’Agora. A chacune de ces occasions, les élèves ont dû prendre la parole afin de présenter et expliquer leur initiative, et faire comprendre aux requérants son utilité.

    Court-métrage

    1. Préjugés des Genevois. Quels préjugés?

    Dealers? Parce qu’ils sont dans la rue, qu’ils ont pas de travail. Parce que certains ont pu dealer et que les médias ou certains politiques ont relayé l’information (nigérian).

    Réponse:

    La grande majorité des requérants d’asile ne sont pas des dealers et la plupart des dealers ne sont pas des requérants d’asile. Selon une statistique de la police cantonale de Zurich, il y a eu moins de 50 suspects africains relevant du domaine de l’asile en 2008. Cela correspond à un recul de 75 % par rapport aux près de 200 suspects enregistrés en 2004. Parmi les suspects étrangers, 92 % ont un permis d’établissement (permis C) ou un permis de séjour (permis B). Les demandes d’asile des personnes qui entrent en conflit avec la loi sont traitées en priorité. Leur rejet implique une expulsion dans les meilleurs délais. Par ailleurs, les dispositions de notre Code pénal s’appliquent aussi bien aux requérants d’asile qu’à n’importe qui d’autre. Il est donc non seulement faux, mais aussi blessant et dégradant pour les personnes concernées d’affirmer que tous les requérants d’asile sont des trafiquants de drogues et des criminels. (source, discours de Beat Meiner, secrétaire général de l’OSAR à l’occasion de la Journée du réfugié en juin 2009)

    Alcooliques? On « les »voit boire des bières dans la rue, mais qui est ce « les »? Est-ce les requérants d’asile?

    Menteurs ?

    Réponse: Un coup d’œil sur les statistiques des principaux pays d’origine des requérants d’asile montre qu’il s’agit sans exception de foyers de crise en proie à la guerre ou à la guerre civile, de régimes où les droits de l’homme sont particulièrement malmenés ou de Nations dont l’État, pratiquement inexistant, est dans l’incapacité de protéger ses citoyens. Il n’est donc pas étonnant que les gens fuient justement ces pays. En 2008, la plupart des réfugiés sont venus d’Érythrée, de Somalie, d’Irak, de Serbie, du Sri Lanka, du Nigeria, de Turquie, d’Afghanistan, d’Iran et de Géorgie.

    L’an passé, l’Office fédéral des Migrations a décidé dans deux tiers des cas que les intéressés avaient sollicité à juste titre la protection de la Suisse. Ces gens qui fuyaient une guerre civile ou dont le pays d’origine étaient en proie à une situation de violence généralisée ont obtenu l’asile ou bénéficié d’une admission provisoire. Pour les 35% restants, le rejet de la demande ne signifie pas qu’ils ont menti, mais que les motifs avancés n’ont pas été jugés suffisants. Dans la procédure d’asile comme dans toute procédure judiciaire, on peut gagner ou perdre son procès. De nombreux requérants d’asile ont beaucoup de peine à renseigner les autorités sur les motifs de leur fuite. La procédure les oblige à revenir en détail sur la vio-lence, les humiliations, les tortures ou les viols qu’ils ont endurés. D’après une étude allemande, plus de 40 % des requérants d’asile sont traumatisés. Or, les per-sonnes qui ont subi des tortures ou des viols sont justement dans l’incapacité d’évoquer ces atrocités dès le début de la procédure, que ce soit par crainte, par honte ou en raison de leur traumatisme. Dans un premier temps, leurs indications sont souvent contradictoires. Bon nombre d’entre elles ont besoin du soutien de psychologues pour finalement parvenir à clarifier les contradictions ou à exposer les faits de façon compréhensible. Ces gens ne sont pas pour autant des menteurs, mais des victimes de la violence qui ont besoin de compréhension et de soutien. (source, discours de Beat Meiner, secrétaire général de l’OSAR à l’occasion de la Journée du réfugié en juin 2009)

    Tous noirs? Les requérants d’asile sont tous africains.

    Bizarres? Ils s’habillent, parlent et se comportent étrangement.

    Réponse: Parlent pas notre langue, façon d’être, perdus, attitude, réactions, détresse.

    Profiteurs?

    De nos impôts. De nos prestations sociales. De notre argent. Ils gagnent plus que les pauvres suisses. Ils mentent pour venir s’installer en Suisse

    Réponse:

    Les gens que la détresse accule à quitter leur pays d’origine, qui investissent leurs dernières économies dans le voyage vers l’Europe et qui arrivent en Suisse complètement démunis ont forcément besoin d’aide dans un premier temps. Mais en Suisse, la vie de requérants d’asile est tout sauf une sinécure. Le soutien calculé au plus juste est parfois jusqu’à 60 % inférieur au barème de l’aide sociale allouée aux Suissesses et aux Suisses. Les requérants d’asile reçoivent souvent des prestations en nature; ils sont hébergés dans des logements collectifs sans la moindre sphère privée et sans possibilité d’occupation. (source, discours de Beat Meiner, secrétaire général de l’OSAR à l’occasion de la Journée du réfugié en juin 2009)

    Violents?

    Les histoires qu’on a pu entendre sur les foyers des Tattes, ou de l’Hospice.

    Réponse:

    Qui a ces préjugés?

    Les vieux… (?); les bourgeois, les pauvres, les jeunes?

    2. Qu’est-ce que vraiment un requérant d’asile?

    Quelqu’un qui fuit un conflit – Conditions de vie (10fr par jour, logent dans un foyer, peuvent pas travailler)

    Des gens invisibles (timides, ne sortent pas ou ne le disent pas)

    Style: DOCUMENTAIRE

    Microtrottoir

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    Durée: entre cinq et dix minutes

    Personnages: élèves du SCAI

    Requérants d’asile

    Genevois

    Avec préjugés Sans préjugés

    Rue Genève Qui participent aux grillades

    Micro-trottoir (2 minutes): Genevois avec préjugés

    1. A quoi pensez-vous quand on vous dit « requérant d’asile »?
    2. Savez-vous ce qu’est un requérant d’asile?

    VS Catia et élevés SCAI: Non c’est pas vrai parce que….le mettre plusieurs fois en opposition aux préjugés + utiliser moments de la grillade ou on voit que ce sont des personnes NORMALES.

    MESSAGE: les requérants sont des personnes comme nous

    DECALOGUE

    Scénario SCAI griller prejuges_2

    Plan tournage SCAI

    Journée grillades Dimanche 29 mai 2011

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    Liens et documents:

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    Site l’Agora

    Campagne sur l’aide d’urgence

    Observatoire romand du droit d’asile

    Berne persiste à expulser à la dure les requérants


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